Mc Manus à Cast

 

 

Vaches Folks. Un moment d'exception

5 avril 2010 - Le Télégramme

Récital de haute volée samedi soir à Cast, où tour à tour, puis ensemble, Tony McManus et Jean-Félix Lalanne ont fait passer l'émotion acoustique dans les rangs d'un public à l'écoute quasi-religieuse.

Pour faire un bon concert, il faut certes de bons musiciens mais aussi un bon public. Samedi soir, il y avait les deux pour transformer cette nouvelle édition des Vaches Folks en un moment d'exception. Premier à monter sur scène, Tony Mc Manus a placé tout de suite la barre très haut, face à cet auditoire de connaisseurs. Déconcertant de facilité, cet extraterrestre du picking laisse parler ses doigts bavards. Quelle fluidité dans le jeu! Courbé sur son instrument, il fuit pourtant l'exécution mécanique pour proposer d'autres manières de jouer et d'entendre de la guitare. La technique est ici un moyen, pas un objectif en soi. On comprend mieux alors les louanges de ses pairs, de John Rembourn par exemple, qui le classe au sommet de la hiérarchie mondiale des guitaristes celtes.

Une qualité d'ornementation

Expatrié au Canada depuis quelques années, l'Écossais sait aussi se détacher de ce berceau d'influences celtes, pour musarder entre les styles, sans jamais perdre cette qualité d'ornementation qui fait la marque des plus grands. Et quand le Dinéaultais d'adoption Jimmy Mc Menemy le rejoint sur scène, les figures harmoniques et mélodiques emplissent l'espace, formant un chapelet prodigieux.

Le retour de Michael Jackson

Passé l'entracte, Jean-Félix Lalanne doit maintenant donner le change. Dans le genre caméléon, il n'est pas manchot non plus. Jazz, celte, bossa, country, médiéval, tout y passe. Bientôt, le «Saturday night shuffle» de son mentor, Marcel Dadi, tragiquement disparu, retrouve toute sa superbe. Et entre deux morceaux alertes, le Niçois revisite son parcours, déclenchant quelques rires feutrés. «L'avantage du picking, c'est qu'avec un seul musicien, on fait les accords, les harmonies, et les mélodies. En période de crise, c'est bien plus économique». Surtout quand, pour le même prix, on est capable de ressusciter les morts. C'est d'abord le tromboniste Glenn Miller qui est convoqué, pour un medley de haute volée. Michael Jackson, le roi de la pop, aura le droit au même genre d'hommage. Époustouflant. Avant un final en apothéose, avec les deux artistes réunis, ultime moment collector d'une soirée mémorable.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site