Turbines "ça gaz"!

 

 

Centrale au gaz. Brennilis sur les rangs

21 septembre 2011 à 08h40 - Le Télégramme.

 

Hier soir, à la demande des élus de la communauté de communes du Yeun Elez, se tenait, sur le site de la centrale de Brennilis, une réunion d'information sur le projet de centrale au gaz. Le cercle semble se refermer de plus en plus sur cette commune.

 

 Une vingtaine d'opposants au projet étaient présents à l'entrée du site de l'ancienne centrale. Photo Loïc L'Haridon

Plus les semaines passent et plus le site de Brennilis semble être tout désigné pour recevoir la future centrale de production d'électricité au gaz. Pour preuve, hier soir, à la demande de la communauté de communes du Yeun Elez (CCYE), EDF organisait, sur le site de l'ancienne centrale nucléaire, une réunion d'information destinée uniquement aux élus intercommunaux du secteur.

Des élus qui poussent à la roue

Jean-Yves Crenn, maire de Lopérec et président de la CCYE, n'a jamaiscaché son envie de défendre fortement ce dossier. Pour des raisons qui touchent surtout à l'emploi et à l'activité économique du territoire dont il a la charge. Jean-Victor Gruat (*), le maire de Brennilis, s'est, lui aussi, récemment déclaré favorable à cette implantation. Le 26août dernier, il a remis à ses conseillers municipaux une note de synthèse signée de sa main. Dans un plaidoyer pour le cycle combiné-gaz, le maire explique que cette technique «solidement éprouvée» rencontre des soutiens, y compris dans le milieu écologiste. «Le projet Bretagne est porté par le président de la commission environnement, président du groupe Bretagne-Écologie du conseil régional».

Un site industriel existant

Le maire énumère ce qui pourrait faire pencher la balance dans son camp. «L'intérêt pour une implantation à Brennilis a été exprimé par EDF et par DirectÉnergie. Les raisons de cet intérêt proviennent essentiellement de l'existence d'une zone industrielle suffisamment vaste, ce qui facilite l'installation et se situe dans une logique de continuité d'exploitation; de la présence d'eau en quantités largement suffisantes (le réservoir Saint-Michel contient 13millions dem³); de l'existence d'un réseau de transport électrique supportant 225.000volts». Jean-Victor Bruat évoque aussi la possibilité de relier le site au réseau gaz «sans traverser de zones sensibles».

Il explique en outre que d'autres sites existent potentiellement pour l'implantation du projet mais qu'ils ne peuvent être retenus «en raison de contraintes d'urbanismes». Quant à la question du débat public, demandé par le collectif anti-centrale Gaspare, le maire de Brennilis dit, en substance, que la Commission nationale du débat public(CNDP), sollicitée par les opposants, n'a que peu de chances de se saisir de l'affaire. Elle ne se pencherait que sur des projets «d'envergure nationale». La voie semble donc être dégagée pour que le gaz supplante l'atome au coeur des monts d'Arrée.

* Hier, nous avons tenté de joindre le maire qui n'a pas donné suite à notre message.

  • Didier Déniel

 

 

Christian Troadec: «Des méthodes scandaleuses»

Hier soir, Christian Troadec, conseiller régional et maire de Carhaix, qualifiait de «méthodes scandaleuses» la manière dont l'État, EDF et la Région géraient ce dossier. «Lundi, j'ai demandé des informations sur le dossier en préfecture. On m'a répondu qu'on ne m'en donnerait pas. Et aujourd'hui, j'apprends que seuls les élus du pays de Brennilis sont invités à cette réunion. C'est n'importe quoi! Autant nous dire tout de suite que ce site a été retenu. Et quid des élus des communes alentours qui pourraient être concernés par un éventuel classement Seveso du site? N'ont-ils pas leur mot à dire?». Le maire de Carhaix met aussi en avant un appel d'offres lancé récemment par l'État pour la construction dequinze centrales électriques au bois. «Le pôle excellence rurale filière bois du Centre-Bretagne est-il mis aux oubliettes? On marche sur la têtedans cette histoire».

 

Centrale au gaz. Un vote pour Brennilis

22 septembre 2011 - le Télégramme.

Mardi, à la suite de la réunion sur le projet de centrale d'électricité au gaz (Le Télégramme d'hier), les élus de la communauté de communes du Yeun Elez, se sont massivement prononcés pour la construction de cet équipement à Brennilis.

 Jean-Yves Crenn, président de la CCYE, imagine déjà les avantages pratiques d'une telle centrale. Photo d'archives Jean-Luc Padellec

À 18voix pour, une contre, trois bulletins blancs ou nuls, les élus de la CCYE se sont ainsi largement prononcés en faveur d'une centrale au gaz à Brennilis.
«Ce vote à bulletins secrets a eu lieu après plus de deux heures trente de débat, explique Jean-Yves Crenn, maire de Lopérec et président de la CCYE. Certes, le volet économique est important pour nous. Les retombées fiscales pour la communauté seront importantes. Il ne faut pas le nier. Mais la proximité de la centrale fera aussi que l'approvisionnement en électricité sera sécurisé. Ici, on a tous en tête les ruptures de réseau quand la neige tombe à gros flocons et fait ployer les lignes en isolant des villages entiers et des personnes âgées vulnérables». Pour le président de la CCYE, une importante centrale au gaz n'est pas pire que les trois turbines au fioul, qui tournent en cas de pointe de consommation sur le site de Brennilis. «Comme celles de Dirinon, leurs rejets dans l'atmosphère sont importants. Sans compter les ballets de camions qui doivent l'alimenter quand le froid s'installe».

2M€ de taxe professionnelle

Mardi, en marge de la réunion animée par EDF et la Région, le collectif Gaspare, qui s'oppose au projet, a manifesté aux abords du site. L'association a réussi à obtenir de larges indiscrétions sur ce qui s'est dit en réunion. Ainsi, la centrale de 450MW, où travailleraient de 20 à 30 personnes, pourrait représenter 2M€de taxe professionnelle. L'État se donnerait trois ans pour aménager un gazoduc pour acheminer le gaz de Montoir-de-Bretagne(44) aux monts d'Arrée. Il n'y aurait pas de stockage sur le site, qui ne serait pas classé Seveso.

Réponse du préfet à Christian Troadec

«Sur la demande insistante de deux élus, EDF a annoncé le chiffre de 630.000 tonnes annuelles de CO2 émises par la centrale contre 63.000 aujourd'hui par les cinq turbines en fonctionnement, précise le collectif. Il n'y a eu aucun coût annoncé pour le gazoduc ou la centrale elle-même, qui serait construite sur des terrains appartenant déjà à EDF et d'autres vendus au même opérateur par la commune de Brennilis». Hier, dans nos colonnes, ChristianTroadec, maire et conseiller général du canton de Carhaix, s'est interrogé sur l'absence de communication de l'État sur la future localisation de la centrale. Dans un communiqué, le préfet du Finistère tient à rappeler, «qu'à ce stade de la procédure, il n'appartient pas à l'État de faire le lien entre les éventuels porteurs de projets et les élus des territoires prospectés. Cette information relève de la propre initiative des candidats et est soumise aux règles de l'appel d'offres. Toute communication de l'État sur les candidatures, compte tenu du respect des principes d'égalité et de concurrence (...), pourrait fragiliser la procédure d'appel d'offres».

  • Didier Déniel

Centrale à gaz : la position de Jean-Yves Crenn - Brennilis

jeudi 16 février 2012 - Ouest france.

« Il faut voir cette centrale au gaz comme un relais dans le temps » : Jean-Yves Crenn, président de la communauté de communes du Yeun Elez, dit pourquoi il soutient le projet de centrale électrique à cycle combiné gaz dans le Finistère.

Jean-Yves Crenn, Président de la Communauté de Communes du Yeun Elez et Maire de Lopérec, explique pourquoi il est pour l'installation d'une Centrale Électrique à Cycle Combiné Gaz dans le Finistère. « La Centrale Électrique à Cycle Combiné Gaz est indispensable dans le département pour des raisons économiques certes mais aussi et beaucoup pour des raisons humaines. C'est la source la moins polluante en matière d'énergie fossile. »

Selon lui, la construction d'une centrale électrique à Cycle Combiné Gaz nouvelle génération dans le Finistère, jugée nécessaire par l'État, la Région Bretagne et le Conseil général, serait « un relais dans le temps ».

Sortir du nucléaire

« On est à peu près tous d'accord pour penser qu'il faudrait sortir du nucléaire et des énergies fossiles (fuel, gaz, charbon) qui ont, en 50 ans, permis une formidable évolution de l'économie et de l'espérance de vie. Mais avant de se passer du nucléaire ainsi que des centrales à charbon et à gaz, il faut trouver d'autres énergies, et en même temps, apprendre à mieux gérer notre consommation. »

L'installation de cette centrale électrique serait une sorte de pallier avant que nous arrivions à « maîtriser les énergies naturelles que sont les courants marins (hydroliennes), utiliser l'énergie produite par le vent, le soleil, les matières végétales et organiques... Et aussi avant les années qu'il faudra pour découvrir le procédé permettant de stocker ces énergies afin de pouvoir les utiliser. »

Aujourd'hui, le président de la CCYE tient à signaler que « la sécurité de notre territoire finistérien n'est plus assurée en approvisionnement électrique ». « Notre population augmente et notre consommation augmente. Le risque de coupure s'accroît en Bretagne, et le Finistère ne pourrait pas être secouru par l'Ouest, le Sud ou le Nord à travers l'Atlantique ou la Manche. »

Les interruptions des activités économiques entraîneraient la perte de production et fragiliseraient l'économie et l'emploi. « Il faut aussi tenir compte de la frilosité des investisseurs qui hésitent aujourd'hui à placer de l'argent dans les entreprises d'un département et d'une région ou le risque d'interruption électrique existe et s'accroît. »

Danger pour les personnes

Mais, ce n'est pas tout selon Jean-Yves Crenn. S'opposer à ce projet d'implantation n'a pas que des incidences sur l'activité économique. « Les coupures d'électricité iraient jusqu'à mettent en danger la vie de nombreuses personnes. Il y a dans le département du Finistère environ 4 000 personnes qui bénéficient d'une assistance médicale au titre de la gestion d'appareils qui leur sont nécessaires. »

« On ne peut pas aujourd'hui remettre en cause la sécurité des personnes au nom de projets aléatoires sur des réductions de consommations et de changements d'ampoules, alors que l'on n'en est qu'au stade de recherche des ressources énergétiques de remplacement. On en est aussi qu'au point de départ de solutions techniques à coûts modérés, permettant des économies électriques (matériaux isolants, éclairages). Quant à une attitude plus citoyenne, il faudrait accélérer les choses, comme nous le faisons par exemple dans la construction des bâtiments publics de la communauté de communes. »

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